[Reportage] au cirque d'Hiver Bouglione.
- MediaJehan

- 6 mars 2023
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 mars 2023
A l’occasion de leur nouveau spectacle Fantaisie, Thierry Maïz et Jérémie Garcio sont partis en reportage au Cirque d’Hiver Bouglione installé derrière la place de la République dans le 11e arrondissement de Paris. Ils ont également interviewé Michel Palmer : fils de commerçant et étudiant en comptabilité, rien ne prédestinait Michel Palmer à devenir « Monsieur Loyal ».

Pourquoi s’appelle-t-il le Cirque d’Hiver ?
Ce cirque situé dans le 11e arrondissement de Paris succède au cirque d’été en bas des Champs-Elysées dans la seconde moitié du XIXe siècle. A l’époque, l’avenue des Champs était boueuse, notamment à partir d’octobre jusqu’en avril. Les dames qui arrivaient en calèche avec de longues robes se retrouvaient donc dans la boue. Face à cela, le directeur du cirque a demandé au gouvernement la construction d’un cirque d’hiver sur une place mieux située à savoir où il se trouve actuellement dans le quartier dit des théâtres.
Le saviez-vous ? Le cirque d’hiver est plus petit et plus encaissé que le cirque d’été car il a été construit sur une petite place mais il suit les mêmes plans que le cirque d’été.
Pourquoi un cirque fixe ?
Au XIXe siècle, c’est l’époque du cirque et des cirques fixes, comme celui de Bouglione il y en a beaucoup, plusieurs à Paris mais aussi à Amiens. D’abord construit en bois, ils ont ensuite été construits en dur. « C’était un des rares spectacles populaires qui drainaient tout le monde » explique Michel Palmer. On n’hésitait donc pas à en construire.
« Une fois que l’on a gouté au confort du cirque d’hiver, on a moins envie de partir en tournée dans un chapiteau »
Pourquoi n’y a-t-il presque plus d’animaux à Bouglione ?

Michel Palmer : « Nous au cirque d’Hiver, on n’avait pas d’animaux à nous, ce ne sont que des artistes engagés qui arrivaient pour six mois soit de Russie, soit de France, soit d’un autre pays européen. C’est devenu trop polémique et on ne peut pas s’en permettre ! […] Alors que moi, ça fait 40 ans que je fais ce métier, je peux vous dire que les gens qui travaillent avec des animaux sauvages, ils aiment leurs animaux, ce sont des relations fusionnelles […] ce que ne peuvent pas comprendre les anti-animaux au cirque parce qu’ils disent que ces animaux ont été retirés dans la faune sauvage. Ce n’est pas vrai ! Les fauves que l’on peut voir encore dans certains cirques aujourd’hui, c’est la 10e ou 15e génération d’animaux qui sont né en captivité. On les remettrait dans la nature aujourd’hui, ils seraient complètement déphasés. […] Cette année on n’a qu’un numéro de poneys. »
RECCORD : Le cirque d’hiver a été construit en 8 mois seulement !
Comment allier cirque classique et cirque contemporain ?

Michel Palmer : « On garde l’image du cirque classique avec l’orchestre, le lieu qui est fabuleux et chargé d’histoire mais c’est un spectacle du XIXe siècle : c’est la sono d’aujourd’hui, ce sont les musiques d’aujourd’hui, les lumières d’aujourd’hui. Je trouve que c’est bien de faire un mariage des deux, d’amener le cirque classique et le cirque contemporain à se rencontrer. Le cirque c’est un ensemble, c’est plein de choses de différentes. Ce qui est au cirque d’hiver c’est que Joseph Bouglione [directeur artistique et metteur en piste, ndlr] s’appuie sur le passé pour faire un spectacle du XIXe siècle et il s’appuie également sur les nouveaux talents. »
« Je dis aux lycéens, venez découvrir, c’est un monde qui est différent ! »
Un mot aux lycéens ?
« Il faut découvrir le cirque ! » affirme Michel Palmer. Il ne faut pas en avoir une image préconçue avec « le clown au gros nez rouge » par exemple. « Le cirque d’Hiver c’est un vrai spectacle avec un orchestre de 10 musiciens, des artistes internationaux qui viennent de partout à travers le monde. […] c’est un spectacle de son temps ! »
Pourquoi le nom de « Monsieur Loyal » ?
Michel Palmer : « Tout simplement parce que le premier présentateur de cirque avait pour nom de famille Loyal [Pierre Claude Loyal (1795-1867), enterré au cimetière de Caen, ndlr]. C’est devenu un terme générique. Dans les autres pays, on l’appelle le Ring Master, le maître de manège, le régisseur, etc… C’est une spécificité de la France de l’appeler M. Loyal. »
Le saviez-vous ? La première musique d’ouverture du spectacle est un arrangement de la musique de la Piste aux étoiles qui était une émission de télé (années 60’- 70’).
C’est une madeleine de Proust !
L’aboutissement d’un « rêve de gosse » !

Michel Palmer : « Quand j’étais gamin, j’avais ma petite maquette de cirque et mes petits camions. Je mettais deux règles en bois et une serviette de toilette par-dessus pour faire le chapiteau. Je m’amusais déjà à faire le M. Loyal qui présentait le spectacle, je faisais le démontage du cirque qui repartait, etc… Je m’amusais ! C’est donc un rêve de fosse qui s’est réalisé, j’ai beaucoup de chance ! » nous raconte Michel Palmer, le passionné de la Piste aux Etoiles qui à 62 ans, garde toujours son âme d’enfant. Entre octobre et mars, il se concentre sur le spectacle du cirque d’hiver mais le reste de l’année, il est toujours M. Loyal, dans d’autres cirques ou festival comme à Amiens par exemple.
Comment construire un spectacle de cirque ?
Michel Palmer : « Le thème de Fantaisie a été choisis par rapport aux mangeurs de lapin [artistes clownesques du spectacle 2022/2023, ndlr]. […] Ce sont des personnages fantaisistes et c’est de là qu’est venu le mot Fantaisie », le titre du spectacle.
Quel est le rôle de « Monsieur Loyal » ?

Michel Palmer : « Monsieur Loyal c’est le guide du spectateur tout au long des deux heures de spectacle. Il doit être présent sans être trop présent. Il doit savoir mettre les artistes en valeurs sans trop en dévoiler, susciter l’intérêt des gens. […] ». Les textes que prononcent le passionné de la piste aux étoiles tout au cours du spectacle sont écrit à l’avance en fonction des demandes du directeur artistique et metteur en piste, Joseph Bouglione qui décide d’où seront placés les interventions du présentateur. Les textes ne doivent être ni trop court ni trop long, en fonction par exemple du temps nécessaire à l’installation de matériel explique-t-il. En revanche, la fin des interventions de Monsieur Loyal doivent être toujours identique car « l’orchestre démarre sur un mot spécifique, un nom spécifique, donc il faut qu’ils aient le TOP, une fois que j’ai dit cela, c’est à eux d’attaquer » raconte-t-il.
« Le cirque est un beau spectacle est c’est un spectacle qui peut réunir toutes les générations. »
Ce qu’on voit beaucoup nous c’est les grands parents qui viennent avec leurs enfants et les petits enfants. Tout le monde est réuni autour du même spectacle. Et il n’y a pas beaucoup de spectacle comme ça car quand vous allez au cinéma souvent c’est un film qui va intéresser la nouvelle génération mais les grands parents ils y vont pour accompagner mais ça ne va pas forcément leur plaire. Quand vous allez voir un concert bah souvent le concert ça va intéresser les jeunes mais pas forcément les parents tandis que le cirque c’est un des seuls trucs qui existe dans le monde à l’heure actuelle où ça réunit tout le monde autour du même centre d’intérêt et c’est ça que je trouve génial. Et le cirque ça reste un spectacle vrai où il y a ce contact avec le public qui est très important.
Le spectacle en photos
© photos : Bouglione, dossier de presse
Article écrit par Thierry Maïz
Propos recueillis par Thierry Maïz et Jérémie Garcio

















Très bon article.